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Combattre le diabète par le trail !

A l’occasion des jeux olympiques et paralympiques, nous sommes partis à la rencontre de Jérôme, 45 ans, diabétique de type 1 depuis 2018 et mis sous pompe.

Jérôme est un sportif intensif qui pratique le Trail en compétition. Le trail est un sport de course à pied, sur une longue distance et obligatoirement en milieu naturel : en plaine, forêt ou montagne.

Qu’est ce que le Trail pour vous ?

Le trail, c’est pour moi un moment de liberté à travers les chemins et les sentiers. Il permet de découvrir des décors qu’on ne peut pas apercevoir lors d’une marche classique. La marche a un petit périmètre, avec des distances moins importantes, et des paysages moins uniques… plus accessibles.

Pourquoi avez-vous décidé de vous mettre au trail ?

Ça fait 10 ans que je pratique ce sport. Avant, je faisais beaucoup de VTT puis je me suis mis au trail. Au fur et à mesure, j’ai trouvé ce sport prenant et challengeant. En courant je me vidais l’esprit. Réellement séduit par le bien être que ce sport m’apportait, je me suis mis à courir, courir … Notamment avec ma femme ! On a fini par s’inscrire sur des petites courses et depuis les dernières années des courses plus importantes.

Quelle est la course qui vous a le plus marqué et pourquoi ?

Je dirai ma dernière course ! Celle du Trail des passerelles. Je me suis inscrit sur les 65 kilomètres ! Et cela a été un réel défi. Ça fait 3 ans ½ que je suis diabétique et je voulais prouver que même avec le diabète on pouvait faire du sport intensif.

J’ai notamment pris un coach pour m’aider avec mon diabète et pour apprendre à gérer mes courses.

Ma coach est d’ailleurs venue me rejoindre lors du trail des passerelles au 30èmes kilomètres et m’a dit : « je vais faire la fin de la course avec toi. » C’était sur une partie vraiment très dure, avec 1000 mètres de dénivelés sur 3 kilomètres. Ça m’a vraiment ému, elle m’a mis en confiance, ce qui m’a aidé à me battre ! Dans la montée j’avais déjà fait 2 hypoglycémies…

J’en ai pleuré à la fin de la course, car lors de mon arrivée toutes les personnes importantes étaient là : Ma femme, ma coach, mes amis. Bien que je n’ai pas pu finir la course à cause d’une entorse, je me suis promis de la refaire prochainement car elle reste un de mes plus beaux souvenirs.

Quel est votre fréquence d’entrainement ?

Alors ma fréquence d’entrainement est intensive.  Je peux faire jusqu’à 3 entrainements la semaine et 2 le weekend. La semaine je suis plus sur du fractionné et le weekend c’est davantage du long sur des sorties de 2h voire 3h. Tout dépend ce que mon coach me donne à faire. Chaque entrainement se base sur les courses en avenir. Si par exemple j’ai 20 kms à faire, l’entrainement sera moins important contrairement à un 65 kms où celui-ci sera beaucoup plus intensif et régulier.

Vous êtes diabétique depuis peu, 2018… Comment avez-vous réagi suite à la découverte de votre diabète en tant que sportif régulier ?

Quand j’ai appris que j’étais diabétique, j’ai eu l’impression que le monde s’écroulait face à moi. Je me suis dit « Qu’est-ce que j’ai fait pour avoir ça » ! Je me posais cette question en boucle.

Et en fait, je ne me suis pas relâché, je n’ai pas baissé les bras. Je me suis dit : Maintenant tu l’auras. Un endocrinologue m’a expliqué une chose qui m’a énormément aidé et marqué.

Il m’a dit que j’avais des enfants… mes enfants allaient grandir, ils allaient partir. Que j’avais une femme avec qui je m’entends très bien mais que l’on ne sait pas de quoi est fait la vie. Et il a ajouté par la suite : Le diabète que vous avez là, dites-vous qu’il ne vous quittera jamais. Il sera toujours avec vous.

Et du coup je me suis dit, maintenant que je l’ai avec moi, autant faire avec, et bien vivre avec.  Ça m’a motivé et m’a permis de courir plus qu’avant. C’est là où je me suis lancé les challenges de faire des trails de 65 kilomètres.

Le diabète au-delà d’avoir été un frein a été une réelle motivation ?

Oui pour pouvoir vivre normalement. Comme tout le monde. Et ne pas me dire que je suis diabétique, je reste sur mon canapé, je ne fais plus rien. Non ! Finalement ça m’a boosté un peu plus même.

J’ai trouvé un équilibre énorme en pratiquant le trail, ce sport me permet d’éliminer naturellement le sucre. Je suis … comment vous expliquer … ça me fait du bien ! J’évite ainsi de me faire trop d’injection d’insuline. Je me stabilise par mes efforts physiques.

La pompe vous a-t-elle facilité la vie ?

Ah oui ! La pompe m’a facilité énormément la vie. C’est pour cela que j’en avais fait la demande assez rapidement. En tant que sportif et coureur, ce n’est pas évident de gérer la seringue dans les rythmes lents et rapides. J’étais obligé de m’alimenter 2 fois plus le jour de la course. Alors qu’avec la pompe, j’ai juste à programmer une diffusion normale puis à l’arrêter pendant l’effort de la course. Et c’est tout naturellement que j’élimine le sucre. C’est beaucoup plus agréable ainsi ! Et j’ai besoin de moins m’alimenter.

Là-dessus, je revis avec ça ! C’est clair !