Quelles sont les manifestations du déficit immunitaire commun variable (DICV) chez les sujets âgés ?

Par le Pr. Louis Jean COUDERC

Common Variable Immunodeficiency in Elderly patients : A Long-Term Clinical Expérience. DANIELI M.G. et al., Biomedicines, 2022, 10,635 /doi.org/10.3390 /biomedecines / 10030635. Article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35327437/

 

Le diagnostic de DICV est porté d’après l’European Society for Immunodeficiencies avec un retard diagnostique moyen de 8,8ans, l’âge moyen du diagnostic étant de 31ans, plus élevé chez les femmes (34 ans) que chez les hommes ( 26 ans). Cependant le
diagnostic n’est porté qu’après l’âge de 60ans chez 9,7 % des patients. Les caractéristiques du DICV chez ces malades plus âgés sont rarement étudiées.
Pour cette raison, un important centre italien a comparé les caractéristiques des malades atteints de DICV de moins de 65 ans (n=65) à ceux de plus de 65 ans ( n=13).

Les principales caractéristiques sont les suivantes :

  • l’âge élevé n’est pas en rapport avec un retard diagnostique, le délai entre celui-ci et les premières manifestations étant au contraire plus bref que chez les sujets jeunes (en médiane 36 mois (34+/-41) vs 84 ( 139+/-173).
  • les complications uniquement infectieuses des voies aériennes sont les plus fréquentes dans les 2 groupes, respectivement 61 % des jeunes et 69 % des âgés.
  • au diagnostic, les sujets âgés ont une fréquence plus élevée de manifestations autoimmunes, 31 % vs 18 %.
  • lors du suivi (en moyenne 8,5 ans), les sujets âgés ont une fréquence plus élevée de pathologies malignes (38 % vs 20 %), qui représentent la principale cause de décès dans ce groupe. Elles surviennent à un plus jeune âge que chez les sujets indemnes de déficit immunitaire (59 ans vs 69 ans).
  • la répartition des différentes sous- populations lymphocytaires n’est pas différente entre les 2 groupes.
  • les traitements substitutifs par IgG sont tolérés similairement dans les 2 groupes, avec une réalisation à domicile sans problème mais avec une éducation décrite comme minutieuse.

Les cliniciens doivent savoir évoquer le diagnostic de DICV chez des malades de plus de 65
ans, en cas de manifestations infectieuses récidivantes des voies aériennes et/ou de
manifestations auto-immunes.
La surveillance de ces malades doit être attentive vis-à-vis des maladies malignes.
La prise en charge thérapeutique est identique à celle des sujets jeunes, notamment en ce
qui concerne les IgG.

En conclusion :

  1. Les cliniciens doivent savoir évoquer le diagnostic de DICV chez des malades de plus de 65ans, en cas de manifestations infectieuses récidivantes des voies aériennes et/ou de manifestations auto-immunes.
  2. La surveillance de ces malades doit être attentive vis-à-vis des maladies malignes.
  3. La prise en charge thérapeutique est identique à celle des sujets jeunes, notamment en ce qui concerne les IgG.
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